Parouzille

Parouzille - Créatures Fantastiques

Nous sommes en route pour les Récifs du Ciel. Le désert s’étend à perte de vue tout autour de nous, mais le plus dur est dans notre dos. D’ici quelques jours, nous devrions parvenir à sortir de cette étendue de rocailles.

Aujourd’hui, nous avons trouvé abri à l’ombre d’énormes rochers, et nous avons découvert que de l’herbe poussait là. Rien qu’un peu, mais suffisamment pour qu’on se réjouisse. Un peu de couleur vivante dans ce monde poussiéreux et ocre, c’était ce que nous attentions tous depuis des jours.

C’est aussi à cet endroit que j’ai aperçu pour la première fois de ma vie ce que les lutins des roches appellent une Parouzille. Il s’agit d’une toute petite souris au pelage gris rayé. D’après Erdywn, le gobelin qui nous accompagne, il y en a quelques-unes dans son immense bibliothèque et elles sont un vrai calvaire.

Renseignements pris auprès de mon compagnon gobelin et de Jykh, le lutin des roches qui nous accompagne, les Parouzilles rafolent particulièrement des récits d’amour, alors qu’elles détestent les récits scientifiques. Erdwyn affirme d’ailleurs que c’est le meilleur moyen de protéger les différents rayons de sa chère bibliothèque : en semant des essais scientifiques au milieu de toutes les étagères.

Pendant que les autres dormaient, j’ai essayé d’approcher celle que j’avais vu en lui raconter une vieille légende lutine, pleine de bons sentiments et d’affection, mais elle s’est contentée de m’observer de loin, tapie sous un rocher. Il m’a fallu un moment pour comprendre ce qu’avaient réellement voulu dire mes compagnons. L’étrange animal raffole des récits d’amour. Au sens propre.

Après être retourné au camp pour déchirer une feuille vierge de mes carnets, je suis allée me percher sur un rocher non loin, et j’ai écris une histoire d’amour lutine en la récitant à voix haute. Je crois que j’aurais presque pu voir la Parouzille saliver alors qu’elle approchait lentement, tout doucement, avec précaution. Finalement, elle a saisi du bout des dents la feuille que je lui tendais, et j’ai pu rapidement frôler sa petite tête avant qu’elle s’en aille déguster son repas plus loin. Sa fourrure est toute douce. Mais je me demande ce qu’elle mange d’ordinaire, perdue dans ce désert. Je flaire comme un étrange mystère, caché dans les profondeurs du sol.

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